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Comment soigner les hémorroïdes après l’accouchement?

Comment soigner les hémorroïdes après l’accouchement?

arki-arrow-right Lien vers l’article publié dans Magic Maman

 

Avec au moins 20 % des jeunes mamans concernées par les hémorroïdes après l’accouchement, le phénomène n’est pas à prendre à la légère. Cause, traitement et astuces pour soigner les hémorroïdes après la grossesse, on fait le point avec Rachel Halimi, sage-femme.

Après l’accouchement, la magie de la naissance laisse place à divers maux dont certains particulièrement désagréables, comme les tranchées (la rétractation de l’utérus), les douleurs liées aux montées de lait ou encore la (ré)apparition des hémorroïdes. Un ensemble de troubles dont il ne faut jamais hésiter à parler avec les professionnels de santé.

Pourquoi peut-on souffrir d’hémorroïdes après l’accouchement ?

Hémorroïdes et maternité sont étroitement liés. Il est ainsi fréquent d’en souffrir pendant la grossesse, du fait des constipations répétées, de l’imprégnation hormonale et de la modification du retour veineux, bouleversé par le poids pris et le volume grandissant de l’utérus.

Pendant l’accouchement, la poussée favorise l’extériorisation d’une partie de nos hémorroïdes. Ils se retrouvent alors étranglés par le sphincter anal provoquant par la suite des douleurs, voire des saignements au moment des selles. Mais la poussée de délivrance n’est pas la seule source d’hémorroïdes externes. Ces dernières étant criblées de récepteurs hormonaux mis à rude épreuve durant la grossesse, leur tissu de soutien n’est plus capable d’assurer sa fonction.

« Les hémorroïdes peuvent se déclencher pendant la grossesse et/ou après. Les futures mamans qui en souffrent redoutent souvent l’accouchement » confirme Rachel Halimi, sage-femme.

 Rassurante, elle précise cependant que les douleurs ds contractions utérines lors de l’accouchement ne sont pas renforcées par la présence d’hémorroïdes, « ce n’est pas corrélé ». Quant à la crainte de voir les hémorroïdes ressurgir lors d’une seconde grossesse, lorsqu’on y a été sujette lors d’une grossesse précédente, elle peut être apaisée. « Il existe un risque de récidive lors des grossesses ultérieures. Mais on peut très bien avoir eu des hémorroïdes très douloureux pendant la première grossesse et absolument pas pendant la deuxième » confirme l’experte.

Comment soigner les hémorroïdes post accouchement ?

Pour guérir les hémorroïdes, différentes solutions peuvent être envisagées, selon leur intensité et la durée de leur présence. Ainsi, on retrouve :

  • les traitements par voie orale, comme les antalgiques et les vénotoniques (type Daflon) améliorent le flux veineux renforcent la paroi des veines. Pendant l’allaitement, les AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien) comme l’Ibuproféne peuvent être utilisés avec prudence pendant une courte durée. Des antalgiques plus puissants, avec des dérivés morphiniques (opiacés), peuvent aussi être prescrits aux futures mamans qui n’allaitent pas.
  • les traitements locaux, sous forme de crèmes ou de suppositoire avec ou sans anesthésique local, avec ou sans corticoïde, calment l’inflammation locale et protègent la paroi du canal anal. S’ils ne sont pas curatifs, ils soulagent la douleur.

En parallèle, il est nécessaire de limiter les pressions sur la zone intime en portant des vêtements amples, et d’utiliser des produits lavants doux,

La nuit, il peut être appréciable de laisser le périnée à l’air libre, en mettant une alèse sur le matelas. Cela évite, là encore, toute pression sur la zone intime, assure un meilleur confort, et favorise la cicatrisation d’une éventuelle déchirure périnéale.

Certains praticiens recommandent également de porter des bas de contention. Si leur effet sur les hémorroïdes est discuté parmi le personnel soignant, cela ne peut toutefois qu’être bénéfique au corps, puisqu’aidant au retour veineux.

Parmi les recettes de grand-mère les plus courantes pour apaiser les hémorroïdes, on retrouve celle qui consiste à faire des bains d’eau et de Dakin après la selle. Une idée étonnante pour Rachel Halimi « cela me paraît étrange, car le Dakin est un antiseptique. En revanche, on peut recommander d’appliquer de la glace dans un gant pour refroidir et apaiser la zone, et notamment les oedèmes, souvent présents au niveau du périnée au côté des hémorroïdes, post accouchement. » Notre experte rappelle également qu’en cas d’échec des traitements proposés par la sage-femme ou le médecin généraliste, il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous avec un proctologue. Ce spécialiste pourra alors prescrire un traitement encore plus adapté, quitte à envisager une chirurgie si cela est nécessaire.

Combien de temps peut durer une crise hémorroïdaire après-accouchement ?

En reprenant progressivement sa forme, le vagin peut accentuer les douleurs intimes. Après 30 jours, tout est censé rentrer dans l’ordre. Mais constipation et hémorroïdes sont deux mots qui vont de pair et il est bien rare qu’une femme qui ait des hémorroïdes et ne soit pas constipée. « Après l’accouchement, il y a souvent une appréhension à retourner à la selle. Tout est perturbé au niveau du transit. Or, le traitement principal quand on souffre d’hémorroïdes, et de tout faire pour éviter la constipation » explique Rachel Halimi, avant de poursuivre : « On n’ose pas assez le dire, mais pour laisser le périnée au repos, et ne pas forcer après l’accouchement, il ne faut pas hésiter à prendre des laxatifs de manière continue, sans culpabilité. Car ce qui fait que les hémorroïdes ressortent, c’est certes la constipation, mais aussi le fait que les femmes poussent longtemps. » Un levier de soulagement qui s’adresse à toutes les jeunes mamans, y compris à celles qui allaitent, l’allaitement n’empêchant pas la prise de laxatif dans un temps limité, le temps que tout rentre dans l’ordre.

Quelles activités pratiquer en cas d’hémorroïdes après l’accouchement ? 

Une veine qui dilate, c’est une veine qui est ou a été comprimée par quelque chose, le cas échéant par le bébé. Or, si une femme reste trop longtemps debout ou assise, sans être dans une dynamique de marche, cela accentue la compression vers le périnée et les hémorroïdes. Il convient donc de ne surtout pas rester plusieurs heures dans l’une de ses situations.

« Les hémorroïdes, c’est un problème de retour veineux, et l’on sait qu’en post-partum, il y a un problème hormonal mais aussi un problème statique. Une femme qui vient d’accoucher, on ne peut pas lui recommander d’aller marcher 1 heure pour activer sa circulation sanguine. Marcher et nager, cela aide, mais ce n’est pas possible au sortir de l’accouchement, il faut attendre un peu » conseille la sage-femme.

La thrombose hémorroïdaire externe après l’accouchement

La circulation sanguine étant perturbée pendant la grossesse, elle rencontre des difficultés dans les coussinets hémorroïdaires, où un caillot de sang peut alors se former. C’est ce que l’on appelle la thrombose hémorroïdaire, une pathologie fréquente après l’accouchement, favorisée par la difficulté à évacuer les selles et, un accouchement tardif.

Dans une parution publiée sur son site, la Société Nationale Française de Proctologie explique également qu’un gros bébé (du fait de la pression importante exercée) et une phase de poussée trop longue pendant l’accouchement, sont des facteurs de thrombose hémorroïdaire externe. Elle relate également qu’une césarienne réduit à 4 % le risque d’en développer une, quand un accouchement par voies basses affiche un taux de 20 %. Un point que Rachel Halimi, tient à préciser et rappelant qu’une césarienne n’amène pas d’immunité aux problèmes proctologiques et sexuels. « Il est possible de développer des hémorroïdes malgré une césarienne. D’une part, parce que certaines femmes ont une césarienne en urgence, pendant le travail, ce qui signifie qu’elles ont eu le bébé appuyé, créant une pression, ce qui était également le cas tout au long des neuf mois. De plus, elles peuvent souffrir de constipation, ce qui peut tout à fait arriver après une césarienne. » Prudence donc, face aux césariennes de convenance, qui ne sont pas sans conséquence pour le corps.

Les hémorroïdes sont transitoires et se soignent, à condition d’en parler. Aussi est-il important de garder en tête qu’il n’y a aucune honte à en souffrir, et à en faire part à ses spécialistes, afin de trouver au plus vite des traitements adaptés.

 
Mon projet de naissance

Mon projet de naissance

 

Vous avez des attentes, des souhaits pour ce jour tant attendu mais vous ne savez pas qui sera présent à votre accouchement.  Alors comment transmettre vos demandes à l’équipe médicale ?

En créant un projet de naissance !

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Cet écrit rédigé par vous même et votre conjoint est tout simplement un moyen de transmettre vos souhaits au personnel de la maternité pour le bon déroulement de votre accouchement, du pré-travail aux suites de couches.

Position de la maman, présence ou pas du papa, péridurale… Tout y est inscrit. Les soignants vont ainsi adapter leur pratique en fonction de ce que vous souhaitez.

 

L'idée est que vous viviez pleinement et de manière personnalisée ce 
moment précieux et intime de votre vie.

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1 – BIEN VOUS INFORMER SUR LE DÉROULEMENT D’UN ACCOUCHEMENT : LES RESSENTIS, LES ÉTAPES…

Comment pouvez-vous savoir ce qui est important à vos yeux si vous ne savez pas  comment se déroule un accouchement ? 

En ayant une réelle compréhension de ce que vous allez traverser, vous pourrez formuler des besoins clairs ! 

Cet éclairage sera notamment apporté lors de ces temps d’échange précieux de préparation à la naissance. 

 

Voici par exemple quelques critères que vous pouvez spécifier concernant votre accouchement :

  • La relation avec le corps médical, du type : « Nous souhaitons que chaque geste, chaque intervention nous soient clairement expliqués et que rien ne soit entrepris sans nous avoir consultés ».
  • La présence ou non du compagnon lors des différentes étapes de l’accouchement.
  • Souhait ou non de subir une péridurale.
  • Le choix de sa position durant le travail et l’expulsion.
  • Souhait ou non de l’épisiotomie.
  • Souhait ou non de sortir seule son bébé une fois que les épaules sont dehors.
  • Souhait ou non d’allaiter au sein l’enfant dès la naissance.
  • Souhait ou non que le cordon ombilical soit coupé par le compagnon…

2 – OUBLIER LE COPIER-COLLER SUR GOOGLE !

 

Vous pouvez vous inspirer sur internet afin de voir un peu la forme que cela peut prendre. Mais évitez de faire un copier-coller sur GOOGLE.

Parce que votre accouchement, c’est VOTRE moment à vous !

Personne ne peut savoir mieux que vous ce qui vous tient à cœur pour ce jour aussi intime. Il s’agit d’une véritable réflexion sur votre histoire, vos envies, votre relation à l’enfantement, votre couple, vos besoins.

Votre projet de naissance doit être individuel.

 

 

 

3 – CHOISIR UN FORMAT COURT ET EFFICACE

 

Votre message doit être clair, efficace, simple, rapide à consulter.

 

Si ça tient sur UNE SEULE page, c’est PARFAIT !

 

N’oubliez pas, comme vous aurez au préalable échangé avec le personnel de la maternité sur leurs  leurs habitudes, vous ne serez pas obligée de tout noter car vous serez forcément en adéquation sur une partie des protocoles (et si ce n’est pas le cas, je vous invite à envisager une autre structure, même si c’est un peu plus loin de chez vous…).

 Je vous conseille de faire des phrases courtes plutôt que de longs paragraphes et de soigner la mise en page. N’oubliez pas que les soignants ont beaucoup de travail en salle d’accouchement et que si ce projet de naissance est trop long avec trop de détails, ils risquent de ne pas le lire en entier.

4 – UTILISER LES VISUELS

 

« Une image vaut mieux que mille mots ».

Pourquoi donc ne pas utiliser des images afin de le rendre plus vivant?

Pictogrammes, dessins, c’est l’occasion de laisser parler votre élan créatif (n’oubliez pas toutefois que votre support doit être clair !)

 

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5 – DISCUTER AVEC LE PERSONNEL DE VOTRE MATERNITÉ

 

Chaque maternité a ses propres protocoles. Je vous invite donc vivement à dialoguer avec une sage-femme de l’hôpital ou de la clinique que vous avez choisi pour comprendre leur fonctionnement et ainsi vous poser les bonnes questions. C’est en vous reposant sur leurs protocoles que votre projet de naissance prendra tout son sens. Vous comprenez d’autant plus pourquoi le copier-coller sur internet ne tient pas debout…

 

Quand pouvez-vous en parler ?

 

Si vous êtes suivie à la maternité lors de votre grossesse, vous pourrez aborder le sujet lors de vos consultations de suivi de grossesse.

Si vous êtes suivie par une sage-femme libérale ou par votre généraliste, vous avez au moins une consultation de suivi de grossesse à la maternité, en général au 8 ème mois.

Enfin, si vous avez la possibilité de faire une visite des lieux – ce que je vous recommande chaudement, afin de pouvoir vous approprier l’espace en amont ! – n’hésitez pas à poser des questions à ce moment-là.

Bien évidemment, certaines demandes peuvent être rejetées par les soignants s’ils estiment que ce n’est pas assez sécuritaire.

C’est pourquoi il est important de faire au préalable le point sur les pratiques médicales de l’établissement dans lequel vous accouchez et la faisabilité de votre projet de naissance. En effet, une maison de naissance et une maternité de niveau III ne seront pas ouverts aux mêmes demandes. Certains souhaits peuvent vous être refusés selon le lieu où vous accouchez.

Dans la mesure du possible, le personnel tentera de respecter au mieux votre projet de naissance. Si l’accouchement se déroule bien et que ni la maman, ni le bébé sont en danger, le projet sera respecté dans la mesure du possible. Si une césarienne est décidée en urgence ou qu’un transfert est demandé, le projet peut être mis de côté pour la sécurité du nouveau-né et de la mère.

Le document n’a aucune valeur juridique. C’est un accord mutuel entre le couple et le personnel de la maternité. Mais, le projet de naissance répond clairement à l’article L.1111-4 du Code de la Santé publique stipulant qu’aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans votre consentement libre et éclairé, et que ce consentement peut être retiré à tout moment.

 

 

6 – ATTENTION À LA FORMULATION

 

L’idée d’un projet de naissance, ce n’est pas d’être « contre » les protocoles. Il est logique que si vous listez une série d’injonctions, les sages-femmes se sentiront d’emblée attaquées et l’échange prendra une énergie éloignée de ce que vous recherchez (à savoir, un climat de respect).

Plutôt que d’écrire « Je veux », « il faut »…, je vous invite à émettre des souhaits. Utilisez de préférence les formulations « dans la mesure du possible ».

 

 

7 –     9 MOIS DE REFLEXION

 

Ce projet découle d’un riche échange construit sur la durée. Au fil des mois, tout au long de votre grossesse, votre sage-femme vous accompagne lors de vos séances de préparation à naissance et à la parentalité et/ou lors vos consultations de suivi de grossesse et elle vous aide à murir ce projet.

Le fait d’avoir une équipe très à l’écoute, qui explique ce qu’elle fait, permet à la maman de rester maître des événements. C’est tout l’intérêt du projet de naissance. Il ouvre le dialogue et permet de préparer les choses y compris en cas de complications.

Parce que la préparation d’un projet de naissance ne se décide pas au dernier moment, vous êtes invitée à en parler à votre sage-femme lors de votre suivi de grossesse ou pendant vos cours de préparation à l’accouchement. 

 

8 – UN PROJET NON DÉFINITIF

 

Vous avez donc le droit de changer d’avis ou de le modifier durant votre grossesse, votre travail, votre accouchement et votre séjour en suites de couche. Il peut évoluer à tout moment. D’ailleurs, vous n’aurez probablement pas les mêmes attentes en début de grossesse que le jour de votre accouchement.

DEVENIR PARENTS, C’EST SE LAISSER DES PORTES OUVERTES.

 

9 – LE GRAND JOUR : EMMENEZ-LE AVEC VOUS

 

Bien souvent, vous ne connaitrez pas les membres de l’équipe présente pour votre accouchement. Il est donc important de donner votre projet de naissance aux soignants qui vous accueilleront en salle de naissance, le « grand jour » et de le verbaliser oralement également.

10 – LE PAPA OU L’ACCOMPAGNANT, GARANTS DE VOS SOUHAITS

 

 

L’intérêt du projet de naissance, c’est que vous n’ayez plus à y penser le jour J. Si vous êtes trop dans l’intellectuel, vous ne pourrez pas entrer dans votre bulle. 

Votre compagnon est là pour veiller au respect de vos souhaits, en établissant le dialogue avec les équipes le jour de la naissance. Encore une bonne raison de construire le projet de naissance à deux, en couple !

 

 

 

 

Ne vous sentez pas non plus obliger de faire un projet de naissance. Vous pouvez aussi avoir des souhaits en tête et les verbaliser le « jour J » à l’équipe soignante. En effet, la plupart des femmes ont des attentes communes dont l’équipe obstétricale a bien conscience. Quelle femme souhaiterait vouloir une épisiotomie lors de son accouchement ? Quelle femme souhaiterait être séparée de son enfant à la naissance ? Etc.

 

Il est important d’avoir pleinement confiance en l’équipe soignante qui va vous accompagner pour la naissance de votre enfant. Et heureusement, la plupart des soignants ont à coeur que ce MOMENT reste privilégié.

 

N’oubliez pas que la naissance, c’est laisser place à l’inconnu pour faire connaissance avec votre enfant, cet inconnu familier. C’est accepter de LÂCHER PRISE. Vous ne pouvez pas tout contrôler et une naissance se déroule rarement exactement comme l’on avait prévu. L’acteur principal de cet accouchement reste le BÉBÉ, ce petit homme en devenir dont nous n’avons pas toute maitrise. 

Les suites de couche, on en parle dans la maison des maternelles # LMDM

Les suites de couche, on en parle dans la maison des maternelles # LMDM

Retrouvez dans cette article le lien afin de visualiser l’émission diffusée dans la maison des maternelles le 10 septembre 2020. 

 

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LMDM

Lochies, saignements, tranchées, épisiotomie, La réalité des suites de couche est un sujet encore trop tabou. On en parle dans la maison des maternelles afin de se préparer au mieux à cette période singulière de notre vie de femme.

Bébés rapprochés : un vrai challenge ! La maison des maternelles  # LMDM

Bébés rapprochés : un vrai challenge ! La maison des maternelles # LMDM

     i-grande-12537-plaque-de-porte-icone-fleche-en-bas-net          Lien vers l’émission de la Maison des Maternelles

 

 

Existe-t-il des risques pour la maman ou pour le bon déroulé de la grossesse si elle est très rapprochée de la précédente ?   Rachel Halimi, sage-femme libérale nous explique.

 

 

Quand parler de grossesses « rapprochées » ?

Pour Rachel Halimi, il n’existe pas de définition exacte. « J’ai déjà eu une maman qui avait une petite fille de 3 mois et qui était déjà enceinte du deuxième », précise la sage-femme. S’il n’y a pas de définition, il y a des recommandations. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise ainsi d’espacer de 24 mois 2 grossesses. En 2018, des recherches ont été publiées dans le Journal de l’Association médicale américaine (Jama). Les chercheurs ont étudié près de 150.000 grossesses au Canada. Ils en ont conclu qu’un intervalle de moins de 12 mois entre la fin d’une grossesse et le début d’une seconde augmentait les risques pour la mère et l’enfant.

Les contre-indications

On peut recommander à une mère d’attendre plusieurs mois entre 2 grossesses dans certaines situations :

« Si elle a un diabète gestationnel ou qu’elle fait de l’hypertension, cela peut être bien de faire un bilan préconceptionnel. »

  • Césarienne

« Si la femme a eu une césarienne on conseille d’attendre 1 an afin que la cicatrice se reconsolide bien pour pouvoir démarrer une seconde grossesse. Cela permet d’éviter le risque d’accoucher automatiquement par césarienne sinon. Car c’est tout de même un acte chirurgical. »

  • Gros bébé et instruments : l’utilisation d’instruments (spatules, forceps, ventouses) peut parfois entraîner des suites de couches compliquées pour la maman dont le corps va avoir besoin de plus de temps pour se rétablir.

Le ressenti de la mère

Comme le rappelle Rachel Halimi, ce qui prévaut, quand il n’y a pas de contre-indications et/ou que la première grossesse n’a pas eu de complications, c’est la façon dont la mère se sent prête et la volonté des parents :

« C’est du cas par cas, il n’y a pas de règle. Si on a des pathologies pendant la grossesse il est plus prudent d’attendre. Mais si la mère n’a pas de problème particulier, si la femme se sent bien rétablie et prête à démarrer sur une nouvelle aventure, on peut y aller. »

La rédaction de La Maison des Maternelles
Confinement: comment se passe le suivi post accouchement ?

Confinement: comment se passe le suivi post accouchement ?

i-grande-12537-plaque-de-porte-icone-fleche-en-bas-net     Lien vers l’article publié sur le site Web Magic maman

 

Cet article a été rédigé pendant le premier confinement.
Après la naissance de bébé, les soins et le suivi post-accouchement de la maman sont indispensables. En cette période de confinement, nous faisons le point avec une sage-femme sur ce qui change pour votre suivi.
Après l’annonce du confinement par le président de la République, il y a plus d’un mois de nombreuses femmes enceintes ont vu leur projet de naissance chamboulé. En maternité, les procédures d’accueil ont quelque peu changé : la présence du papa en salle d’accouchement a initialement été remise en question, le PRADO (service de retour à domicile des patients hospitalisés) a été suspendu puis remis en place… De nouvelles mesures ont ainsi été prises pour les accouchements, mais qu’en est-il du suivi post-accouchement?

De retour à la maison, en cette période de joie intense mais aussi de fragilité et de fatigue pour les familles, les mamans s’interrogent. Nous faisons le point avec Rachel Halimi,sage-femme libérale travaillant également à la maternité de Port-Royal. Elle nous explique ce qui change pour les mamans, mais aussi dans son quotidien et donne quelques conseils pour bien vivre cette période exceptionnelle.

Qu’est ce qui diffère en cette période de confinement pour le retour à la maison ?

À l’heure actuelle, on continue de faire un suivi après l’accouchement, l’accompagnement se poursuit comme avant mais il est recommandé d’écourter le séjour à la maternité, déjà parce que dans certaines maternités, le conjoint ne peut pas rendre visite à la maman et au bébé et c’est une séparation difficile (il assiste seulement à l’accouchement), mais aussi parce que les séjours plus longs augmentent le risque de contamination dû à un contact élevé. Donc les maternités insistent pour que l’on propose aux mères une sortie précoce, c’est-à-dire au bout de deux jours.

 

En écourtant le séjour en maternité, n’y a t-il pas de risques pour la maman ou le bébé ?

Pour cette sortie au bout de 48 h, il faut que tout le monde soit d’accord évidemment. On recommande une sortie précoce dans leur intérêt mais si on observe des difficultés d’allaitement, des difficultés psychologiques,  en cas de contre indication médicale, on ne les laisse pas sortir, on les accompagne tout le temps nécessaire.

De retour à la maison, comment s’organise le suivi pour les soins de la maman et de bébés ?

Si la mère peut venir au cabinet sans avoir besoin de prendre les transports en commun, si elle a une voiture ou qu’elle peut prendre un VTC, on préconise qu’elle vienne en consultation au cabinet. Il est tout simplement beaucoup plus difficile respecter les procédures d’hygiène à domicile, surtout lorsque nous avons plusieurs visites à la suite. C’est avant tout pour les protéger elle. Mais je reconnais que ça demande une organisation supplémentaire. Quand il y a des soins particuliers comme par exemple enlever des agrafes à la suite d’une césarienne, il n’est pas envisageable que les mamans se déplacent car elles ont subi une intervention chirurgicale, leur mobilité est réduite.

 

Qu’est ce qui change au niveau du suivi post-accouchement ?

En tant que sage-femme libérale, on réaménage le planning différemment et on optimise les suivis en évitant de faire des doublons. On fait les préparations à l’accouchement en visioconférence, le suivi au cabinet plutôt qu’à la maison lorsque cela est possible, mais ce que l’on ne fait pas ce sont toutes les consultations gynécologiques non urgentes et les  séances de rééducation périnéale.

Ces deux derniers mois, toutes les séances de rééducation du périnée ont été annulées, j’ai dû couper le contact avec ces patientes là mais c’est un travail de reconsolidation très important du corps, il va falloir les reprogrammer.

Deux mois après l’accouchement c’est aussi un temps important pour prévenir les dépressions post-partum, c’est une période d’accompagnement que nous ne nous pouvons pas faire en ce moment car il n’est pas jugé prioritaire alors qu’il est nécessaire.

Accordez-vous une vigilance particulière sur l’aspect psychologique de la maman en cette période de pandémie?

Oui bien sûr, en plus les mamans que je suis actuellement, je les connais bien, j’ai fait leur suivi médical pendant la grossesse. On s’adapte avec notre sensibilité professionnelle, on sent tout de suite les femmes qui ont besoin qu’on soit présente comme pour les mamans césarisées ou pour l’allaitement. Il faut surtout s’adapter au cas par cas et bien garder le contact avec les patientes.

 

Sentez-vous les mamans plus stressées avec le coronavirus ?

J’étais très surprise au début, même bouleversée quand j’ai appris que les femmes allaient être séparées de leur conjoint juste après l’accouchement. Je trouvais ça terrible, d’autant plus que le père a le même titre d’autorité que la mère : pourquoi n’aurait-il pas le droit d’assister au premier jour de vie de son enfant ? Pour certaines femmes c’était très difficile. Mais finalement je trouve que cette période de confinement a du bon pour les jeunes mamans : le fait de ne pas avoir de visite à la maternité, les sage femmes en suite de couche sont peut être un peu plus disponibles, plus à l’écoute, elles accompagnent davantage et les mamans sont plus « dans leur bulle ». Elles ne sont pas parasitées par les visites parfois fatigantes de l’entourage.

A la maison, comme le père peut faire du télétravail, il est plus présent auprès de sa femme et ne la quitte pas pour retourner sur son lieu de travail.

Certaines mamans très angoissées ont projeté des situations négatives pendant la grossesse, mais elles s’apaisent ensuite quand elles rentrent chez elle. Pour les femmes enceintes, elles peuvent éviter les déplacements lorsqu’elles travaillent encore, donc plus de repos pendant cette période de confinement. En plus, du côté des professionnels de santé, pour l’accompagnement des mamans, il n’y a pas de pénurie liée au coronavirus, nous sommes bien présents pour s’occuper d’elles.

Rencontrez-vous des difficultés que vous n’auriez jamais imaginé auparavant ?

Les quinze premiers jours du confinement, il y a eu un vent de panique où il était extrêmement difficile de répondre à toutes les demandes par mail, téléphone. On a dû se rendre très disponibles. De plus, beaucoup de femmes sont parties en province, et de ce fait, les suivis ont été morcelés et j’ai eu un peu peur de ne pas pouvoir accompagner au mieux. Je travaille aussi à la maternité de Port-Royal et on a dû annuler des consultations. Alors, j’ai mis en place des visioconférences pour la préparation à l’accouchement, qui fonctionnent très bien par ailleurs, même si rien ne vaut la consultation médicale : on doit pouvoir palper un ventre, écouter les battements du cœur.

Arrivez-vous à exercer sereinement ?

L’autre difficulté en tant que soignant et sage-femme, c’est le manque de masques : pas de distribution alors que l’État préconise 6 masques par semaine. J’étais déstabilisée et désarmée quant au traitement réservé à la profession de sage-femme qui sont mises de côté. Protéger les femmes, leurs bébés, leurs fœtus et nous-mêmes est indispensable selon moi. On doit continuer à travailler pour veiller à ce que cet événement de « la naissance » reste heureux.

Se couper du monde et se mettre vraiment dans sa bulle avec son bébé. Comme on est beaucoup plus vulnérable et sensible émotionnellement dans cette période, il ne sert à rien de regarder les informations qui tournent en boucle sur le coronavirus. Il faut également continuer de sortir : le chef de l’État l’a bien dit, on peut sortir une heure par jour, c’est essentiel pour la santé physique et psychique. Il ne s’agit pas de sortir dans des endroits à risques comme les lieux publics, pharmacies ou boulangeries, mais de sortir faire une vraie promenade ressource, même avec le bébé. Il faut remettre en route la circulation sanguine pour éviter d’autres problèmes post-partum (prise de poids, trouble veineux).