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La poussée est la dernière étape de l’accouchement, le sprint final après ce long marathon, la rencontre tant attendue avec votre enfant.

Quelles conditions sont nécessaires pour commencer les efforts expulsifs ?

 

1/ Vous devez être à dilatation complète, soit 10 cm ou dilatation totale.
2/ Le bébé doit être descendu dans votre bassin (engagé).

Plus le bébé est bas dans votre bassin, plus il est descendu dans votre bassin, moins vous vous fatiguerez pour pousser, et plus vous aurez envie de pousser. Et donc mieux vous pousserez.

3/ Sa tête doit être bien positionnée (bien fléchie et il regarde votre dos)
4/  Idéalement, vous devez ressentir la fameuse « envie de pousser ».

Du fait d’une péridurale trop dosée, de nombreuses femmes ne ressentent pas elles-mêmes le besoin de pousser au moment de l’expulsion. C’est le soignant le plus souvent qui contrôle par l’examen gynécologique si la dilatation est complète et si l’enfant est engagé, et qui invite la mère à pousser.

L’idéal est que vous ressentiez l’envie de pousser. C’est pour cela qu’à dilatation complète, il faut éviter de réinjecter une dose d’anesthésique par le cathéter de péridurale. Attention, il ne faut pas anticiper la douleur et surdoser votre péridurale !

C’est vous l’actrice de votre accouchement, c’est à vous de pousser donc il faut que vous ressentiez à nouveau les contractions. Si vous ne ressentez rien, ce n’est pas grave car la sage-femme vous guidera et vous coachera. Mais c’est dommage car vous pousserez probablement moins bien donc plus longtemps. Cette poussée sera moins efficace et votre périnée risque d’en être plus endommagé.

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Comment se déroule la poussée ?

La poussée, le réflexe d’éjection du fœtus, les efforts expulsifs durent le plus souvent 30 minutes maximum mais varie selon les maternités. La femme doit pousser sur la contraction pour optimiser la force de celle-ci. C’est sous l’effet de cette poussée que le bébé va sortir. Les protocoles hospitaliers font que le temps de poussée est le plus souvent chronométré et limité.

A ce moment, les contractions durent environ 1 minute. Il faut donc pousser pendant 1 minute (ce qui est très physique).

L’expulsion du bébé, c’est à dire le passage du bébé dans le bassin n’est pas douloureuse. Donc n’ayez pas peur. Certes, ces sensations sont particulières, voire désagréables mais cela ne fait pas mal. On vous pose une analgésie péridurale pour soulager l’intensité des contractions utérines et non l’expulsion du bébé.

Attention à la poussée dirigée ! Pousser est instinctif !

Il est très fréquent à l’hôpital que le praticien (après vous avoir examinée par toucher vaginal) vous dise : « maintenant il va falloir pousser ». Le moment de pousser est décidé « arbitrairement » par le praticien en fonction de la dilatation de votre col (qui « doit » être totale) et de l’engagement du bébé dans votre bassin. On vous indique quand pousser, comment le faire et comment respirer.
C’est la « poussée dirigée ». La sage-femme vous guide dans votre poussée. C’est le cas quand la péridurale est trop dosée ou quand on vous installe trop tôt pour pousser. On va alors vous demander : « inspirez – bloquez – poussez – poussez – poussez – poussez ». C’est exactement la même chose que quand vous êtes très constipée et que vous allez à la selle. Vous devez pousser très fort en apnée vers le bas.

Mais attention la poussée est un acte réflexe, involontaire. Lorsqu’on laisse un accouchement se dérouler normalement, sans intervenir, il arrive un moment où la femme a un besoin irrépressible de pousser (parfois ce besoin est confondu avec une envie d’aller à la selle). C’est un sentiment très fort, impossible à retenir : tout notre corps veut pousser, « ça pousse tout seul ». C’est instinctif. Vous devez ressentir l’envie de pousser. C’est primordial. Par exemple, c’est comme si je vous apprenais à aller à la selle. Aller à la selle est complètement naturel et instinctif. C’est le poids des matières fécales qui pèse au niveau du rectum qui déclenche automatiquement un relâchement du sphincter anal interne et l’expulsion des selles. Au contraire, vous avez appris depuis toute petite à retenir les selles, c’est-à-dire à contracter votre périnée pour assurer la continence du sphincter anal. Lors de la poussée de votre bébé, il va falloir relâcher complètement l’ensemble des muscles du périnée et c’est tout à fait normal que sentiez une pression exercée vers le bas par la tête du bébé. 

Ensuite, vouloir diriger la poussée semble être une hérésie : comme il s’agit d’un acte réflexe, il ne sert à rien de vouloir le contrôler. Au contraire. Essayez de vomir en contractant volontairement votre ventre : vous n’y arriverez pas.
La seule façon de provoquer un vomissement est de déclencher le réflexe qui fera se contracter de façon automatique les muscles mis en jeu dans ce réflexe d’éjection …
Le réflexe d’éjection foetale suit la même logique. Lorsqu’on vous donne l’ordre de pousser, vous allez forcer sur tous vos organes abdominaux pour tenter d’expulser le bébé, en vain. La véritable poussée est une contraction involontaire et irrésistible de l’utérus et d’autres muscles associés – inutile donc de vous donner l’ordre de pousser ou d’arrêter de pousser : dans le premier cas la poussée obtenue ne sera pas efficace et dans le second cas vous ne pourrez pas vous retenir de pousser.

La poussée volontaire court-circuite la poussée involontaire. Elle est épuisante pour la femme et son action néfaste est aggravée par les positions anti-physiologiques qu’on fait adopter à la femme (décubitus dorsal).

La poussée volontaire diminue les chances de conserver un périnée intact : la pression exercée sur lui est plus forte, plus brutale. Par ailleurs (fait paradoxal), le périnée pour s’ouvrir a besoin qu’on « laisse aller » : c’est en se détendant et en remontant que le périnée s’ouvre : pas en se contractant : or la poussée volontaire risque d’interférer avec le processus d’ouverture du périnée.

Pousser sur la phase d’expiration.

Des études récentes établissent que la poussée sur la phase d’expiration serait plus efficace, moins nocive pour le périnée et diminuerait le risque de prolapsus. Mais le mieux est encore de vous laisser respirer comme vous le souhaitez…

Pensez à votre bébé !

N’oubliez jamais ce qui motive les efforts expulsifs : la rencontre tant attendue avec votre bébé après ces neuf mois d’attente. Cela vous donnera beaucoup beaucoup d’énergie…

Il faut tout lâcher !

N’oubliez pas de tout relâcher, de lâcher votre bébé. Ne contractez surtout pas votre périnée. On vous a conditionnée depuis toute petite à retenir les selles et les gaz quand vous êtes en société, donc à contracter votre périnée. Le jour de votre accouchement, il faut au contraire tout tout lâcher. Vous aurez peut être cette « fameuse envie d’aller à la selle » ce qui est formidable. Servez-vous en pour optimiser la poussée.

N’oubliez pas que c’est vous l’actrice de l’accouchement, donc c’est à vous et seulement à vous de pousser et non à la sage-femme !

C’est vous qui accouchez , c’est vous qui êtes seule responsable de ce magnifique miracle de la vie.
Donc c’est fondamental que vous ressentiez ce qui se passe dans votre corps. N’ayez pas peur. Ce moment est à tort redouté par les femmes. Faites confiance à votre corps. Plus vous êtes contractée, plus vous retenez votre bébé, plus vous êtes dans le contrôle, plus cela sera compliqué.

Un moment très fort et très intense

L’expulsion est un moment très délicat : certaines femmes arrivées à dilatation complète sont submergées par leurs émotions, par l’impression qu’elles n’y arriveront jamais, par l’impression qu’elles vont mourir : c’est un sentiment très fort et naturel auquel il faut se préparer, trop peu de femmes en ont entendu parler (Lire à ce propos « aller sur mars » sur le forum Magic Maman). Ce sentiment est en fait le signe que le réflexe d’éjection se met en place.

Par ailleurs, comme le souligne Michel Odent :
« Le passage vers le réflexe d’éjection du foetus est inhibé par toute interférence de l’intimité. Il peut être inhibé par les examens vaginaux, par un contact visuel direct ou par l’obligation d’un changement d’environnement. Il ne survient pas si l’intellect d’une femme en travail est stimulée. Il ne survient pas si la chambre n’est pas assez chauffée ou s’il y a des lumières brillantes. »

Le bébé modèle sa tête au niveau du bassin.

L’expulsion peut être assez longue, notamment chez les primipares : tout d’abord, il y a le modelage de la tête du bébé : la tête du bébé s’adapte au bassin de la femme. Les os de la tête du bébé ne sont pas soudés ainsi la tête peut se modeler et changer de forme pour mieux s’adapter à votre bassin.

Parfois, on a l’impression erronée que le bébé est coincé…
En fait, il réalise juste les adaptations nécessaires à son passage… Le bébé fait des va et vient : chaque contraction le fait descendre un petit peu ; une fois la contraction terminée, le bébé remonte légèrement.

Pour un premier bébé, l’expulsion est donc plus longue car votre bassin n’a jamais travaillé. C’est sa forme osseuse qui « bloque » le passage de la tête du bébé au niveau des deux épines sciatiques (qui sont le deux saillies osseuses du bassin). C’est le plus petit diamètre du bassin. Tout l’effort de poussée consiste à « débloquer » la tête à ce niveau. En effet, la tête est la plus grande partie du corps du bébé. Une fois que la tête a franchi les épines sciatiques, vous avez fait le plus gros de la poussée.

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Petite astuce : lors des efforts expulsifs, visualisez votre bassin avec ces deux saillies osseuses ainsi que la tête de votre bébé. Cela vous donnera un regain d’énergie.

 

Une poussée plus douce sur la dernière phase

Après le franchissement de la tête de votre bébé au niveau des épines sciatiques, votre poussée sera donc beaucoup plus en douceur. A la fin du franchissement des épines sciatiques, le bébé ne fait plus d’allers-retours : chaque contraction le fait descendre une peu plus : la naissance est imminente. Sur la dernière phase, on va vous demander de pousser doucement afin d’étirer en douceur les muscles de votre périnée, ce qui tend à les préserver.
Une expulsion trop rapide peut être à la source de déchirures.
Petite astuce : visualisez un élastique. Plus on le distend brutalement, plus il risque de craquer. Plus vous poussez doucement, plus votre périnée se distend doucement, plus on prévient les déchirures périnéales et l’épisiotomie.

A noter, l’utérus multipare est plus efficace pour la poussée : l’expulsion est plus rapide et nécessite souvent moins d’interventions extérieures.StationsOfDescent_FR

 

La mère doit se sentir libre. La liberté de positions est primordiale.

La future mère est souvent debout, penchée en avant, appuyée sur un mur ou le rebord d’une table, elle éprouve le besoin de se suspendre à quelque chose ou de se mettre à quatre pattes… Avec un besoin de chercher des positions verticales et accroupies, besoin d’agripper et de plier les genoux. La femme trouve dans un accouchement très spontané des positions justes qui vont de pair avec une distension plus harmonieuse de la vulve et ainsi les dégâts périnéaux sont moindres.